AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
ON EST DESCENDUS À TRENTE, MAIS VOUS POUVEZ ENFIN VOUS AMUSER !

Partagez | 
 

 Acte 1: Faux semblants (pv Helios Ritz)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
avatar
Kalin C. Ashford, got it ?

messages : 100
ici depuis : 13/07/2010
i like : Encore faut il le temps..

MessageSujet: Acte 1: Faux semblants (pv Helios Ritz)   Mer 21 Mar - 23:54

La vie est un jeu de cartes truqué
Quand commence la journée, on peut très bien la soulever comme toute la misère du monde, ou alors trouver des points positifs, amusant, ou tout simplement relever l’ironie de la vie. En se regardant dans le miroir, ce matin-là, Kalin ne pensait pas trop aux grandes phrases des moments perdus, mais bel et bien à savoir ce qu’il avait fait pour hériter d’une telle mission. Effectivement, la veille, il avait reçu un ordre de son chef, dans le gang. Bien qu’il soit bien placé, ce garçon n’en reste qu’un rouage, et s’il se brise, il sera remplacé. Cela serait difficile pour son supérieur de trouver mieux, mais il sait, rien n’est impossible. En peu de temps, il avait su s’imposer. Mais il était connu pour son humeur changeante. Très calme, passant à l’hyper actif, et le haineux de base, il était ce genre de mélange malsain entre deux états, une masse difforme qui change tout le temps. Fermant l’œil rouge, murmurant « Le jour se lève.. » Et ouvrant l’œil ensuite : « Je viens apporter les ténèbres.. »

Il vérifiait son état physique, à défaut d’avoir un bon état mental, esquissant un petit sourire à cette pensée, tout semblait aller pour le mieux. Il se détourna de ce lieu de propreté relative, pour descendre les marches grinçantes, et suppliantes, de ce bar. Il était déjà ouvert, il ne fermait quasiment jamais pour être franc. Les gens le regardaient s’approcher d’eux, portant ses gants noirs, ce manteau et ces vêtements, propre sur lui, il prit des lèvres d’un jeune homme sa cigarette, et se l’alluma, faisant un geste de la main au barman, il ne dit mot. L’ambiance revint après, mais le vent de froid qu’il laissa fit frémir bien des gens. Les plus jeunes pouvaient bien se railler de lui, cela ne le dérangeait outre mesure. Il savait par contre bien remettre les choses à plat quand le cas se présente. Mais là, tout est calme, étrangement calme, même. Il traversa les différents secteurs, sans trop se soucier du temps mit.

Le Kyuung résonna plusieurs fois, et l’écran brouillé ne pouvait signifier que deux choses, la première, la zone était surveillée, mais ça, ce n’était pas un scoop, la seconde, que le lieu du rendez-vous était changé, et le contact de même. Ce fut le cas, effectivement, mais sans se dépareiller de son sourire, Kalin tourna sur les talons, s’enfonçant un peu dans la boue du Méridium, pour aller vers sa prochaine destination. Les bras croisés, les doigts sur les coudes, il se ravisa un instant, en voyant la devanture du chat noir. Murmurant doucement « Décidément, les chats ça me poursuit.. » Le restaurant semblait aussi pauvre et minable que tout le Méridium, mais force était de constater, il y avait du monde à l’intérieur. N’ayant pas particulièrement faim, même si la fin de la matinée se profilait, il pencha doucement la tête, afin d’y apercevoir sa cible. Il devait être là.

Impossible de le faire sortir, en plein coup de feu, Kalin avait tout de même une certaine classe, il y tenait. Prenant lentement sa cigarette entre son pouce et l’index il l’expulsa dans les airs, celle-ci allant mourir calmement sur le sol. Sans prendre la peine de l’écraser, il approcha de la porte, et la poussa un peu, les relents d’odeur de repas, entre le moisi et le sec portaient sur le cœur. Une idée cependant était toute trouvée pour prendre contact avec sa cible. Les mains dans les poches, se penchant un peu, il demanda une table, et gardant ses mains gantées, il tourna lentement le regard à chaque pas qu’il faisait. S’asseyant à la table qu’on lui proposa, il avait un point de vue circulaire sur tout le restaurant, collant doucement son dos à la paroi, il tira légèrement pour faire respirer ses mains, passant celle-ci sur son visage, écartant les mèches qui dévoilèrent son regard, faisant glousser l’enfant qui mangeait là, il se contenta d’un simple sourire, les yeux clos, mais les canines bien visibles, tel un animal. Il attendait simplement qu’on vienne prendre sa commande, n’oubliant pas non plus pourquoi il était là.






I will be there seekin' for liminality
no destinations to see, I wander
in quiet places so dark as eternity
I'm crying calling your name
I'm searching for you
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Helios Ritz, got it ?

messages : 51
ici depuis : 29/08/2010
i like : Cloper peinard

MessageSujet: Re: Acte 1: Faux semblants (pv Helios Ritz)   Ven 23 Mar - 12:35

Aujourd'hui, pour une fois, Helios est d'ouverture. Tseuh, il n'aime pas ça. Autant s'occuper de virer tout le monde à la fin et fermer ne le dérange pas, autant se lever tôt pour accueillir les premiers pochtrons lui fout le seum. C'est dans ces moments là qu'il se dit que vraiment, un jour faut qu'il trouve un autre taf. Encore heureux que le patron n'impose pas un uniforme stricte. Il ne va donc pas spécialement se fouler... Un blue jean et une chemise framboise qu'il ne prend pas la peine de rentrer dans le pantalon, ça ira très bien. Le col, entrouvert de quelques boutons, laisse entrevoir une partie du fameux tatouage qui lui mange la moitié du visage. Pour compléter le tout, le rouge enfile son éternelle ceinture qui décidément a vécue et ses rangers coquées. Le boss ne lui a jamais fait de commentaire sur sa tenue, et avouez qu'il y aurait de l'abus si c'étais le cas : okay Helios ne se prend pas le chou côté fringue, mais il ne s'habille pas en clodo non plus.

Faisant jouer les clefs dans la serrure, Helios entre par la porte de service et pose son blouson de cuir à l'entrée avant de préparer la salle. Allumer les lampes, vérifier que la salle n'est pas trop crade, nettoyer quand même parce que oui, elle n'est pas tip top, se fumer une clope pendant que le sol sèche... Finalement le bar restaurant est près pour 7h, à laquelle arrivent les premiers alcoolos désirant entamer la journée par un petit blanc. Ces types, le rouge les connait à force. Hey, salut mec. J'te sers quoi ? Comme d'hab ? Au fond, ces mecs lui font vaguement pitié. Ils n'ont vraiment pas eu de chance dans leur vie, en général. Mais AH AH qui a une vie heureuse à Meridium ? Et qui plus est dans le quartier Sud ? Pas grand monde, voir personne. Avec un sourire aux lèvres, le serveur échange quelques banalités. Son job a beau être miteux, il se sent dans son milieu. Ces mecs sont comme lui, au fond, des mecs à qui on a volé la chance de choisir sa vie.

Et peu à peu, d'autres arrivent pendant que les premiers repartent. Oui, le Chat noir est normalement un restaurant. Mais pour vraiment faire tourner celui-ci, le boss a décidé récemment que laisser boire un coup ou deux les gens avant l'heure du coup de feu ne pouvait pas faire de mal aux fiances. Les temps sont durs, alors on teste cette méthode. Et vers 10 heures, les autres arrivent enfin pour parler du menu, commencer à préparer le service. Le rouge commence à réaligner les tables avec d’autres collègue, se grille une clope, salue Arizona lorsqu’elle arrive, met les nappes et les couverts, se grille une clope… Vous avez compris la logique, n’est-ce pas ? Puis vient onze heures, où tout le monde se met à table pour se remplir le ventre avant le service. Bosser l’estomac vide, surtout dans ce taf là, c’est plutôt un peu beaucoup déconseillé.

Et puis, peu à peu, l’heure du turbin approche. Le repas qu’ils ont avalé est simple, ce n’est pas le Ritz, mais au moins c’est assez consistant pour qu’ils tiennent jusqu’au bout. La salle se remplit doucement mais surement, si bien qu’aux alentours de midi il y a déjà un peu de monde dans la salle. Assez pour animer et forcer Helios à s’activer en tout cas. Alors le rouge arpente le restaurant d’un pas vif, prend les commandes, amène les plats, et gueule en cuisine contre les crétins finis qui ne savent pas se décider mais le monopolise pour jouer à questions pour champion sur les menus. Mais il y retourne, et fait son job, en assassinant du regard les trainards qui lui pompent l’air.

Assis à une table, un nouveau venu attend patiemment qu’on vienne prendre commande. Ce type, Helios l’observe discrètement depuis son arrivée. Il est trop tranquille, trop serein, trop… Tseuh, un truc cloche. Mine de rien, et avec un brin de méfiance, le jeune homme s’avance vers le client. Avec un reniflement sceptique en arrivant à la dite table, le rouge observe sans se cacher l’homme qui lui fait face.

- Vous avez choisi ? Quelle est votre commande, monsieur ?

Wai wai, tu peux faire genre, hein. T’es trop peinard pour être du coin, mec. Trop zen et heureux de vivre pour venir d’ici. Palladium ? Nan, peu probable. Possible mais peu probable. Y en a trop peu qui ont le cran de venir ici… Au bout d'un petit moment, le rouge comprend enfin ce qui l’interpelle depuis tout à l‘heure. Ce qui le dérange et lui souffle qu’un truc déconne. ‘Faut savoir qu’à force de côtoyer des gens chelous, notamment en prison où tout le monde n’était pas un exemple de stabilité mentale, le rouge a développée une certaine aptitude à sentir les gens pas net dans leur tête. Y a un truc qui sonne dans sa tête, comme une alarme, lorsqu'il en croise. Bien sûre, ça ne marche pas à tous les coups. Mais en général, c'est plutôt efficace. Ce type, justement, le fait qu'Helios se mette sur ses garde d'instinct en l'approchant, c'est un signe. À surveiller, ce gugus là.

Posément, il attend que l'intéressé daigne lui faire part de ses vœux culinaires. Bon, alors, tu veux grailler quoi ? Aboule, mec, pas que ça à foutre. Tseuh, et avec son sourire à la con, on dirait un vampire, limite ! Le jor de gars qu'Helios garde à l'oeil cash, et où il se tient prêt à lui faire bouffer le dentier par l'anus s'il lui fait un truc chelou. Wai wai, c'bon, hein ! On va pas se laisser intimider parce que mister se la pète en mode "y a un prédateur dans l'secteur "! Moi aussi j'suis un warrior, mon gars. Pas dans le même style, mais j'fais aussi des dégats. T'f'rais mieux de t'tenir à carreaux ! Aaaaah putaiiin ! Mais pourquoi il se prend le chou sur l'autre pelot ! Il a encore rien dit que déjà le rouge est prêt à montrer les crocs... Gaffe, mon gars, tu vires parano, là. On touche pas au client, on ne les abîme pas.... Ou en tout cas on ne déclenche pas les hostilités tout de suite et on attend de voir !
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Kalin C. Ashford, got it ?

messages : 100
ici depuis : 13/07/2010
i like : Encore faut il le temps..

MessageSujet: Re: Acte 1: Faux semblants (pv Helios Ritz)   Dim 25 Mar - 16:09

Les heures passent toujours à reculons

Le restaurant. C’est une sorte de microcosme où se retrouvent les gens heureux, malheureux, ceux qui ont de l’espoir, et ceux qui viennent de le perdre. Ici se mélangent les simples gens des Rioters. Dans le lot, il devait bien y avoir des fortes gueules, mais c’est autre chose que cherchait Kalin. C’était une personnalité. Son chef avait dit qu’il l’apprécierait, que la vie qu’il avait serait moins calme. Il faut avouer que le jeune homme était friand d’action, anti-libra, ou même d’attaque de convois. L’ambiance de cet endroit le grisait autant que celle du bar. Mais il n’en n’était pas le maître, cette fois, il était juste ici, en simple observateur, en recruteur. Bon, il était rare que les Rioters soient en roue libre, sans gang. Si tel était le cas, il fallait rapidement le recruter, pour faire une masse plus importante, mais cela arrivait que la personne refuse et fasse beaucoup de dégât. Il fallait un minimum de cohésion tout de même. Une famille sombre, voilà comment on aurait pu conclure cette vision des ennemis de la liberté.

Aussi, quand cet homme, avec son tatouage si impressionnant approcha, Kalin glissa doucement la pointe de sa langue entre ses dents, se pourléchant un instant avant de redevenir complètement stoïque. La carte, justement, il y avait beaucoup à choisir pour un endroit si minable, les goûts et les couleurs devaient sans doute se mélanger pour faire une bouillie sans nom à l’infini. Penchant doucement la tête, sans vraiment s’éclaircir la voix il se lança dans une expédition aux goûts non clairement définis, et à la crise de foie assurée. Glissant l’index du haut jusque le bas du bout de plastique usé, il tourna le visage vers le serveur et, avec un large sourire, les yeux clos, répondit.

-Je voudrai toute la carte. Une fois que cela sera fait, vous quitterez votre poste et vous poserez délicatement vos fesses devant moi. Nous avons à parler, monsieur.

Puis il perdit son sourire et se mit à prendre lentement la fourchette, tournant le regard un peu partout, tel un reptile, en recherche de sa proie, mais le tout sans excès de mouvement, il n’était pas caricatural, loin de là, quelque chose clochait en réalité, cette ambiance était trop parfaite pour durer éternellement, réprimant un frémissement, il soupira doucement, et lui tendit la carte avec un autre bout de plastique, une carte effectivement, telle de celle des visites des grandes pompes. Il y avait un R gravé en rouge dessus, un symbole qui circulait chez les Rioters, entre gang pour s’annoncer, sans faire trop de dégâts. Outre ce gosse qui le fixait à nouveau, il n’y avait rien. Claquant des mâchoires, mimant le fait de le manger, il se remit le dos contre le dossier. Personne derrière, c’était pratique pour éviter les coups de feu dans le dos. C’était prévu.

-J’espère que vous n’avez pas mangé, parce que nous avons beaucoup à nous dire. Vous ne me connaissez pas, et je ne vous connais que de surnom. J’espère qu’on ne vous appelle pas « le rouge » par simple association de couleur.

Puis il repartit dans son univers, regardant nonchalant par la fenêtre, attendant ses plats, gardant un sourire des plus fins, pour une fois, il y avait bien son Kyuung qui sonnait, mais une fois en mission, il était rare qu’il réponde, le message laissé, il n’avait plus qu’à le regarder, mais pas pour l’instant, il avait trouvé du premier coup sa proie, et cela le mit en joie. Trouver quelqu’un ayant un tatouage sur le visage, exprimant des flammes, avec une dégaine de cow-boy et le franc parler, il n’y avait que lui comme ça dans le quartier du chat noir. Regardant les serviettes, avec cette tête de chat noir, il exprima un geste de dégoût, priant tout de même que les libra n’aient pas intercepté le message. S’il était bel et bien cet homme, il fallait le mettre à l’épreuve, et pour cela, la discussion serait le meilleur moyen.

On pouvait dire ce que l’on voulait sur le « Fou » qu’il avait des yeux qui font peur, qu’il avait un sourire de dément, certaines de ses connaissances ne voulaient plus l’approcher ou disaient qu’il était juste effrayant. Ces rumeurs, il en jouait, et n’avait pas trop de mauvaises idées en tête, il se savait utile. Comme maintenant, à faire le recruteur, mais aussi, à trouver un allié de poids dans sa propre bataille. Si cette personne ne faisait pas l’affaire pour ses supérieurs, il pourrait faire un sacré duo. Mais il n’en était pas encore là, et il fallait, au contraire garder la tête froide. Plissant des yeux, alors que le brouhaha du restaurant était plus présent que jamais, il n’arrivait plus à se concentrer. De plus que le Kyuung recommençait à faire son petit manège. Un message cette fois, qui semblait plus long à venir. Soupirant doucement, il regarda du coin de l’œil les deux numéros qui furent lancés. Son supérieur ? non, l’un des enfants du refuge, quelqu’un qu’il avait eu quelques plaisirs à rencontrer plus intimement, soupirant doucement, il passa une main dans ses cheveux et lisant ce qu’il avait laissé, se mit à rire, simplement.

Mais il fallait redevenir sérieux et cela, bien rapidement. Aucun libra à l’horizon, pour l’instant, et c’était d’autant mieux. Kalin se savait surveillé, bien sûr, mais tous ceux qui auraient pu faire de lui une cible à abattre n’avaient jamais eu l’occasion de préciser quoi que ce soit. Dans certaines zones du Méridium, il est difficile de retrouver des corps, même avec le code barre. S’étendant à nouveau, il déposa le coude contre la table, perdu dans ses souvenirs, et son travail, tout se mélangeait comme un sublime plat, une odeur de poulet, et dieu seul sait quoi d’autre. Dieu. A cette pensée, il grimaça à nouveau, et prit lentement le verre, il le remplit de ce liquide qui devait être de l’eau, autrefois. Et il attendit, sagement, qu’on vienne le servir, avant de passer à l’attaque.






I will be there seekin' for liminality
no destinations to see, I wander
in quiet places so dark as eternity
I'm crying calling your name
I'm searching for you
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Helios Ritz, got it ?

messages : 51
ici depuis : 29/08/2010
i like : Cloper peinard

MessageSujet: Re: Acte 1: Faux semblants (pv Helios Ritz)   Lun 26 Mar - 22:10

Alors que le rouge observe le client en se demandant pourquoi cette appréhension se fait sentir, celui-ci daigne enfin réagir. Et ce qui agace passablement le serveur, c'est qu'il a le sentiment qu'on se paye gentiment de sa poire. Bordel, c'quoi ce merdier encore ? Toute la carte ? Ouais ouais, prend moi pour un con ! C'pas pour bouffer que tu te pointes ici, mec ! Les allures pseudo mystérieuses de ce type qui se la pète en lui donnant des ordres, ce n'est pas non plus pour le calmer vraiment. Ah ah, pauv' con ! Comme si Helios allait s'assoir avec un client au milieu du turbin ! Et obéir aux ordres de cet inconnu en prime ! Jor, il a une tronche à faire « oui monsieur à vos ordres monsieur ! Puis-je faire autre chose pour satisfaire monsieur ? » Tseuh ! Takrukoi ? Tu veux une pipe en prime, aussi ? Refrénant une forte envie de faire bouffer une tarte à l'os à ce perrave qui le toise de haut, Helios serre les poings et adopte une attitude toute professionnelle malgré un regard assassin qu'il ne prend pas la peine de masquer. J'te préviens. La prochaine fois, client ou pas, tu manges sévère.

En attendant, l'autre lui a refilé la carte comme un prince, fier de lui. Ah, il est content, le bonhomme, hein ? Oh oui, il est content ! Gentil le pauv' con, geeentil ! Brave petit gars, tu veux un susucre ? Helios crispe les mâchoires et réceptionne le menu usé avant de remarquer qu'il a un colis bonus avec. Fronçant les sourcils, il fait disparaître la carte en un instant dans sa manche et fait mine de prendre des notes pour vérifier ce qu'il a cru voir en rouge sang. Pas de doute possible. Cette marque, il la connait bien. Depuis le temps, pensez bien qu'il a pu la mémoriser ! Lorsqu'il lève enfin la tête vers son interlocuteur, c'est avec un regard perçant. Bordel, c'est quoi ce bin's ? Ce mec, qu'est-ce qu'il lui veut ? Discrètement, la petite marque Rioters disparaît dans sa poche revolver alors qu'il prend la parole à son tour en se redressant.

- La carte complète, c'est entendu. À mon tour d'espérer que vous n'avez pas mangé, parce qu'il va falloir que vous avaliez ça tout seul. Je travaille, moi, et j'peux pas me permettre de perdre mon taf ici. Planter mon patron en venant m'assoir au milieu des clients pour papoter, ça ferait un peu trop foutage de gueule. De toute façon, j'ai aucune raison d'obéir aux ordres d'un inconnu. Ah, et ”le rouge”, c'est effectivement par simple association de couleur. Enfin, il paraît. Mon vrai surnom, par contre, est plus ajusté. Red Pepper. Ceux qui m'ont surnommés comme ça avaient pigés qu'il fallait pas me les briser.

Sur ce, il plante le gus sans autre forme de procès et retourne en cuisine pour passer la commande en râlant de plus belle dès qu'il franchit la porte de service.

- Vous y croyez, vous ? Y a un trouduc qui a demandé toute la carte ! Bonjour les allez retours ! 'Tain, sérieux ! Hey, 'Zona, tu vas avoir une fuckin' part de plonge à cause de lui !

Personne ne relève les grognements du serveur, hormis peut être la jeune fille chargée de vaisselle. Bof, il ne fait même pas gaffe à ça et ne sait même pas si elle a répondu. À vrai dire, c'est plutôt de ne pas râler qui chez lui aurait paru suspect avec une telle commande. Pendant qu'il continue ses va-et-vient en attendant la commande de monsieur chelou, Helios réfléchit à ce que celui-ci peut bien lui vouloir. Un gars pareil, ça se remarque. Il ne doit pas être du coin, sinon il le connaitrait au moins de nom et de vu. Alors, quoi ? Il vient d'un autre secteur ? Mais pourquoi vouloir lui parler ? Étouffant un nouveau grommellement, le serveur se demande pourquoi ça tombe sur lui, les affaires cheloues. 'Tain. 'Fait chier. Afin de minimiser les voyages, et donc les occasions de tomber face à l'autre sans que ça ne paraisse suspect, le serveur dégaine la panoplie de ”ah ah ah, j'porte tout en même temps !”. Trois assiettes sur le bras gauche, la quatrième dans la droite avec la panière de pain qu'il tient entre deux phalange, le rouge ne se laisse pas perturber et bazarde ainsi la commande massive en seulement deux voyages bien chargés. En posant les derniers mets, il ricane ouvertement en voyant la masse de choses que l'autre va devoir bouffer. Ou même s'il ne le fait pas, il faudra payer. Glissant l'addition sous la fourchette du rioters avec un sourire sardonique, Helios s'amuse des yeux ronds du gamin d'à côté lorsque celui-ci voit tous les plats posés.

- J'ai une pause à 15 heures. Si vous voulez vraiment parler, ça sera à ce moment là, derrière le restaurant. Pas avant. Bon appétit.

Le ton est sans appel, et le message se veut clair. Helios en a trop chié pour avoir ce taf. Les bagarres avec 'Zona, passe encore. Mais taper un client, ça ne le ferait pas trop. Et aller expliquer que c'est une tite dispute entre Rioters, ça le fait encore moins. Le rouge a beau être impulsif, c'est pas pour autant qu'il est définitivement con. Pourtant, par égard pour le sigle écarlate que l'autre lui a filé, le serveur accepte de parler un moment. De 15 à 18 heures, il est en pause. Trois heures devraient suffire à bazarder le baratin de l'autre. Même une seule, ça serait bien d'ailleurs. Il aimerait profiter de ses heures libres pour, par exemple, faire une sieste. Ou prendre une douche. Allez, gars, courage ! Plus que deux heures et demi ! Enfin, en espérant que l'autre gugus ne fasse pas des siennes par impatience. De toute façon, si monsieur yeux vairons décide de l'emmerder parce qu'attendre le fait chier, ça sera vite réglé. Helios se chargera de le foutre dehors en expliquant à son boss que ce type l'empêche de taffer, et basta ! On va pas se laisser emmerder par des pignoufs qu'on connait même pas, non ?
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé, got it ?


MessageSujet: Re: Acte 1: Faux semblants (pv Helios Ritz)   

Revenir en haut Aller en bas
 

Acte 1: Faux semblants (pv Helios Ritz)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Sauter vers: