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ON EST DESCENDUS À TRENTE, MAIS VOUS POUVEZ ENFIN VOUS AMUSER !

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 Toi plus moi... Alors qu'on ne se connaît pas ? [PV Jiggy]

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Invité, got it ?
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MessageSujet: Toi plus moi... Alors qu'on ne se connaît pas ? [PV Jiggy]   Mer 20 Oct - 22:08

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    Il fallait attendre. Longtemps. Dieu, est-ce que vous savez qu’elle avait horreur de ça ? Attendre. Vilaine fille, c’est malsain d’être impatient. Et ça l’est encore plus de prendre la place des petits enfants qui font la queue. Ce qui ne semblait pas réellement lui poser un quelconque problème de conscience. Après tout, elle avait presque autant besoin qu’eux d’être devant. L’appel de la nourriture. Vous savez ce que c’est ? Son estomac commençait à lui peser, ce serait l’exception de la semaine. Un truc un peu gras, un peu consistant. Il y avait des jours comme ça, où elle ne pouvait décidément pas s’en empêcher. C’était sans doute ça le danger, celui de sortir de l’école. Il y avait des stands de bouffes tous les cinq mètres, ou presque. Disons plutôt que ça devenait une obsession, la torture semblait plus longue, l’odeur ? Insoutenable. Si elle ne cédait pas, elle en pleurerait. Parce que ça faisait longtemps, trop longtemps, qu’elle ne s’était pas attardée devant le menu d’un Burger King. Elle en avait les larmes aux yeux. Paradoxal. Vous savez, elle avait ce drôle de pressentiment… Celui de faire quelque chose de mal, et qui lui faisait du bien en même temps. Elle imaginait le goût du sandwich dans sa bouche, ses dents croquant la tendre viande, le bacon. Et les concombres, la feuille de salade, le fromage. Elle ne s’offrait pas tous les jours un tel festin.

    Sacha y était presque, plus que trois personnes. Trois ? Et pourquoi pas deux, maintenant, tout de suite ? Elle avait doublé quatre gamins alors un de plus ou un de moins ? Elle avait plus faim que tous ces gens-là réunis, à cela, c’était normal qu’elle soit la première servie. Jouant des coudes, elle poussa brutalement l’adolescent devant elle pour prendre sa place. Elle l’ignora tout bonnement quand elle entendit deux ou trois jurons. Elle en avait plus besoin que lui. Il ne devait pas savoir ce que ça faisait de se priver, et il ne comprendrait jamais cette espèce de culpabilité qui la rongeait. Avant même d’avoir goûter le fruit tant défendu.
    Ce fut enfin son tour. Une jolie petite employée lui faisait face, son grand sourire aux lèvres. Tss. Le speech habituel. Qu’est-ce qui vous ferez plaisir ? Un truc calorique. Un sandwich. Sacha levait les yeux vers les panneaux, il y avait le choix. Mais elle n’était pas encore sûre. C’était si rare qu’elle s’autorise un pareil encas, il fallait bien choisir. Et elle sentait la pression lui montait. Elle avait mis trop de temps à doubler les autres enfants, tant et si bien qu’elle n’avait pas songé à sa commande. Du temps. Encore un peu. D’un œil distrait elle fixa l’employée, qui tapotait nerveusement ses ongles contre sa caisse enregistreuse. Se dépêcher. Ses sourcils se fronçaient déjà, vite. Elle n’aimait pas tous ces regards insistants. De devant, de derrière.

    Choisis et va poser ta graisse ailleurs.

    Finalement, elle pointa du doigt une salade. Deux trois pièces déposées sur le comptoir et elle faisait déjà demi-tour. Etait-ce une forme de lâcheté ? D’avoir dit non, d’avoir changé d’avis. Sacha désignait avec une facilité déconcertante le mets qui lui faisait le moins envie. Mais elle regrettait déjà, tandis qu’elle s’échappait de la file. Elle marchait, mollement, rejoignant d’un pas mal assuré la rue principale. Voilà qui ne lui donnait pas du tout envie. Mais il était trop tard. Trop tard pour faire volte face, pour échanger son repas. Mais elle n’avait plus à se préoccuper de son poids, plus avant le diner de ce soir.
    Et elle se mélangeait à la foule, toujours avec une petite pointe d’amertume, ne pouvant détacher ses yeux de son choix. On savait que ça lui passerait, ça lui passait toujours. Il fallait juste reporter son attention sur autre chose. De toute manière, elle n’allait pas passer son après-midi à se lamenter sur quelques feuilles de salade. Ce n’était ni plus ni moins que son repas habituel, pour tromper la faim. La seule chose qu’elle voulait bien avaler parfois, sans avoir besoin de culpabiliser, de rééquilibrer la balance. Et puis elle aurait bien d’autres occasions…

    Il fallait toujours qu’elle se perde dans ses pensées, sans faire gaffe aux alentours. Ce n’est pas en regardant ses pieds que l’on risque d’avancer. Ou pire… Les gens l’évitaient d’eux-mêmes, puisqu’elle ne semblait pas vouloir y mettre du sien. Ca marchait plutôt bien pour ceux qui venaient à sens inverse. Moins bien pour ceux qui étaient devant. La collision était forcée, obligée. Et elle lui rentra dedans, pas assez pour qu’il y ait une chute, juste pour se faire remarquer, un brin enlacé. Vraiment très vite fait. Quoi qu’il en soit, sous la surprise, Sacha lâcha la cause de tous ses soucis. La petite boîte tomba au sol, et le couvercle, mal fixé, sauta. Les petites feuilles se répandaient au sol. Merde ? Ouai, non. De toute façon, elle l’aurait sans doute jeté.
    Et elle se dandinait d’un pied sur l’autre, dans une hideuse robe rayée noire et jaune, n’osant pas encore fixer des yeux sa victime.

    - Crotte alors. J’ai pas fais exprès…
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MessageSujet: Re: Toi plus moi... Alors qu'on ne se connaît pas ? [PV Jiggy]   Dim 31 Oct - 14:16

l'ennui se nourrit de ces signes qui n'ont qu'un sens et qui, par cela même, n'ont plus de sens.
EMILE-AUGUSTE CHARTIER

Qu’avais-je à l’esprit ce jour-là pour ne pas m’être donné la peine de contacter Rin. J’étais bien parti pour une journée des plus distrayantes, ou peut-être pas. L’ennui en lui-même est une distraction à ce qu’on dit. Certes. On l’aime, on ne l’aime pas. J’aurais tendance à le tromper pour qu’il ne m’emporte pas avec lui. Mais là, rien de tel. Alors, j’errais. Je gambadais tel un mouton suivant bêtement le reste du troupeau. Je vagabondais à travers les rues, sillonnant les entrailles de la ville à la recherche d’un peu d’action, d’une herbe verte et fraîche à venir brouter. Suivant le mouvement comme un automatisme. Mais putain, que cette ville est vaste. Malheureusement pas assez dans mes habitudes, mais bien trop en ce moment même. Mais le hasard n’influait aucunement sur mon parcours. S’égarer ? Impossible. Je connais cette ville comme ma poche, j’y traine bien trop souvent pour ne pas connaître tous ses secrets et ses recoins cachés. Rin et moi sommes des habitués. Fuir les situations critiques, c’est sans doute ce que nous faisons de mieux. On trouve toujours une occupation. Ensemble, pour le meilleur comme pour le pire. Enfin, passons.

Stoppé net. Face aux bâtisses, les yeux levés au ciel, un léger sourire aux lèvres, je m’engageais dans cette impasse sans fin. Ce lieu qui allait bientôt me servir d’attraction et ce, pour le reste de la journée. Peut-être n’était-elle pas totalement foutue, rien n’était encore perdu. Quelle mauvaise langue je suis alors que je me trouvais devant mon terrain de chasse favori, les galeries marchandes. Emplit de cette foule, stupide et naïve. Je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui les motive à se marcher les uns sur les autres pour de futiles conneries. De plus, j’avais déjà trouvé l’endroit idéal pour me poster, un bâtiment situé derrière les allées, assez surélevé pour observer ce qui se tramait dans cette fourmilière incessamment mouvementée. Comment ne pas rire de tous ces petits incidents de la vie quotidienne. Bousculade, disputes et autres âneries. Comment ne pas rire de cette niaiserie qui règne dans l’esprit de ces habitants impolis et pressés. On me l’a reproché de très nombreuses fois, cette moquerie que j’affiche ouvertement et que je vénère par-dessus tout. Rira bien qui rira le dernier, ou peut-être pas, encore une fois. Je n’ai pas encore eu jugement de cette courante expression. Je l’attends avec impatiente. À vrai dire je n’ai que faire de ce qui peut m’arriver… Que peut-il m’arriver d’ailleurs ? Je ne crains pas grand-chose si ce n’est l’ennui. Et je parcourais de mes yeux de lynx, cette allée bondée, à la recherche de cet élément qui viendrait perturber ce manque d’activité.

Malheureusement, il manquait ce petit plus qui ferait de cette journée, un moment pas si désagréable que le rebord sur lequel j’étais assis depuis tantôt. Bordel, mais qu’avais-je donc fais pour mériter cette punition. Plus j’attendais, plus j’avais la vague impression que le temps se jouait de moi, au ralenti. Mon dieu, ce que je détestais avoir à le constater. Dans la minute même, j’étais descendu de mon piédestal, me retrouvant à nouveau au milieu de cette foule en pagaille. J’avais parlé trop vite. Cet évènement tant attendu, venait de m’interpeller. Amusé, je n’avais rien d’autre à faire que de contempler d’un œil discret cette scène des plus divertissantes. Sans gène, cette demoiselle ne semblait pas se soucier de ce qui l’entourait. Tout aussi plaisant de voir qu’après tant de désinvolture, elle fini par choisir la solution la plus facile pour répondre à ce problème auquel elle faisait face. C’est une blague ? Laissez-moi rire. Une vulgaire salade en boîte. Quel luxe dite-moi. Mais elle aussi, apparemment déçue de son choix. Pauvre enfant. Rapidement, je m’avançais à son rythme, passant devant elle. Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais partir comme un vaurien et laisser une telle occasion me filer entre les doigts ? Ce ne serait pas moi. Il suffit d’un instant pour que la jeune fille, insouciante, se retrouve à jouer les auto-tamponneuses avec moi, laissant de même, échapper des mains sa nourriture. Elle s’agitait tel un asticot faisant face à l’obstacle qui le sépare de sa récompense, une belle pomme rouge et juteuse à souhait. Quelle comparaison.

    « Crotte alors. J’ai pas fais exprès… »

Elle avait enchaîné par ce qui semblait être des excuses. Un concept que je ne maîtrisais pas totalement, voire pas du tout. À vrai dire, j’aurais tendance à ne pas vraiment chercher à le saisir. Inutile, je dois l’avouer. Mine de rien, elle ne semblait pas me prêter attention. Un semblant de tristesse aurait-il pris le dessus ? J’en doute.

    « D’une verdure presque innocente et pourtant... »

On ne pouvait que constater cette once d’ironie et ce sourire s’esquissant sur mon visage. Mais la situation actuelle ne pouvait être prise autrement. Ce n’est pas comme si j’avais fait en sorte qu’elle se produise, mais presque. Après tout, personne n’allait pleurer pour ces deux feuilles éparpillées sur le sol. Et d’un air amusé, je m’étais accroupi au sol, fixant les vices récemment défuntes.
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Toi plus moi... Alors qu'on ne se connaît pas ? [PV Jiggy]

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